"Depuis de nombreuses années, on sait bien que de plus en plus de gens ont connaissance de l’œuvre d’un artiste davantage par l’imprimé ou la conversation, que par une mise en présence directe avec l’œuvre elle-même. Pour la peinture et la sculpture, où le présence visuelle - couleur, proportions, dimensions, localisation - est importante, la photographie ou la description n’est qu’un moyen bâtard. Mais quand l’art concerne des chose qui n’ont rien à voir avec une présence physique, sa valeur communicative intrinsèque n’est pas altérée par sa présentation imprimée. L’emploi de catalogues et de livres pour communiquer (et diffuser l’œuvre) est la façon la plus neutre de présenter cette nouvelle forme d’art. Le catalogue peut désormais servir d’information de première main (primary information) pour l’exposition, par opposition à l’information de seconde main (secondary information) à propos de l’art qui se retrouve reproduit dans les revues ou les brochures. Dans certains cas, l’exposition peut-être le catalogue".
Seth Siegelaub
Dans l’entretien : On exhibition and the world art large, Studio international en décembre 1969.
"Les humanités...ne sont pas confrontées à la tâche d’arrêter ce qui autrement s’échapperait, mais de réanimer ce qui autrement demeurerait mort."
Erwin Panofsky, Art history as a Humanistic Discipline.
Cité dans le texte de Craig Owen, Representation, Appropriation and power.
Beyond Recognition, University of California Press. 1992
"Who owns history ? Who can represent it’s complexity ? Who cares ?"
Renée Green
Texte de sa vidéo Partially Burried in three parts 1996-97
"Placer le rapport du signe (la documentation) à son référent (l’œuvre d’art) au centre de son travail, alors même que les originaux ne sont représentés que sous une forme amoindrie, c’est aussi ne pas vouloir la reconstitution d’une vérité originelle mais se concentrer sur l’usage et la manipulation des signes, autrement dit sur la fabrication de nouveaux sens".
Yann Sérandour
Note de bas de page relative au texte "Pratique photographique et stratégie appropriationniste" de Cécile Dozord.
Dans le catalogue Document, de Jérôme Saint-Loubert Bié, 2006
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les artistes que je connais ( 1.000 peut être )
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les gens que je connais ( 10.000 peut être )
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les artistes que je ne connais pas ( 3.000.000 peut être )
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les gens que je ne connais pas ( 3.000.000.000 peut être )
selon moi
le principe d’équivalence s’applique à toute croissance : toute vie,
tout concept,
et en particulier il illustre la création permanente de
l’univers
selon R. Filliou
"Le mot allemand "Musée" a des sonorités déplaisantes. Il décrit des objets à l’égard desquels l’observateur n’a plus de relation vivante et qui sont dans un processus de mort. Ils doivent leur préservation à l’histoire plutôt qu’au besoins du présent. Les musées et les mausolées ont des relations plus que phonétiques. Les musées sont les tombeaux de famille des œuvres d’art."
Théodor Adorno dans Valery Proust Musée en 1953
"Pendant trop longtemps, l’artiste a été séparé de son propre "temps". En ne s’intéressant qu’à l’"objet d’art", les critiques privent l’artiste de toute existence, à la fois dans le monde de l’esprit et dans celui de la matière. Le processus mental de l’artiste qui prend place dans le temps est négligé, tandis qu’un système qui lui est étranger veille au maintien de la valeur marchande. En ce sens, l’art est considéré comme étant "hors du temps" ou comme étant le produit d’un "non temps" ; cela devient un moyen commode pour exploiter l’artiste, sans qu’il soit tenu compte de la temporalité de sa propre démarche, comme il le réclame à bon droit".
Robert Smithson dans "A sedimentation of the mind : Earth Project"
in Artforum. Septembre 1968.
Reproduit in "The Wrightings of Robert Smithson. P82-91
"Presque toutes les œuvres sérieuses d’art contemporain récapitulent, à des degrés plus ou moins explicites, les objets de la lignée historique auxquelles elles appartiennent. La prise de conscience à l’égard des antécédents est devenue la condition et la définition de la plupart des ambitions artistiques. Pour cette raison, les artistes sont devenus des consommateurs avides de l’histoire de l’art."
Thomas Crow dans Unwritten histories of conceptual art
Dans le catalogue Oehlen / Williams. Wexner Center. 1995. p 86
"Toute image du passé qui n’est pas reconnue par le présent comme étant une de ses propres préoccupations est menacée de disparaitre à jamais".
Walter Benjamin
Thèse sur la philosophie de l’histoire
Citation reprise dans l’introduction du texte de Craig Owen : "L’impulsion allégorique : vers une théorie du post modernisme"
A mes amis,
Calme et silence. Un geste fondamental, ici, a été fait qui
jette une lumière vive sur la culture et les aspirations
de quelques uns à son contrôle -de part et d’autre- ce qui
veut dire que la culture est une matière obéissante.
Qu’est-ce que la culture ? J’écris. J’ai pris la parole.
Je suis négociateur pour une heure ou deux. Je dis je. Je
reprends mon attitude personnelle. Je crains l’anonymat.
(J’aimerais contrôler le sens de la culture.) Je n’ai pas
de revendications matérielles à formuler bien que je me
saoule avec de la soupe aux choux. Au travers de tout cela,
protéger une forme de liberté d’expression nouvellement
acquise, qui me parait précieuse, pour notre capitale de
province.
Un mot encore à tous ceux qui n’ont pas participé à ces
journées ou qui les ont méprisées : il ne faut pas se sentir
vendu avant d’avoir été acheté, ou à peine.
Mes amis,
avec vous je pleure pour ANDY WARHOL.
MARCEL BROODTHAERS
Palais des Beaux Arts le 7/6/68
"Obviously most people become acquainted with art via illustration, slides, film. Rather than having the direct confrontation with the art itself, there is a second hand experience, which does not do justice to the work – since it depends upon its physical presence, in terms of color, scale, paterial and contexte – all of which is bastardized and distorted. But when art does not any longer depend upon its physical presence, when it has become an abstraction, it is not distorted and altered by its representation in books and catalogues. It becomes primary information, while the reproduction of conventianal art in books and catalogues is necessarily secondary information. For example, a photograph of a painting is different from a painting, but a photograph of a photograph is just a photograph, or the setting of a line of type is just a line of type. When information is primary, the catalogue has become the exhibition and a catalogue auxiliary to it whereas in the January, 1969, show the catalogue was primary and the physical exhibition was auxiliary to it. You know, its turning the whole thing around."
Seth Siegelaub
interviewed by Ursula Meyer for her projected book on anti-art.
Reproduced in 6 years, The Dematerialization Of The Art Object… Lucy R. Lippard, University of California Press. 1973. p124 - 125
"The humanities….are not faced with the task of arresting what might slip away, but of enlivening what might otherwise remain dead."
Erwin Panofsky, Art history as a Humanistic Discipline.
Cited in the text of Craig Owen, Representation, Appropriation and power.
Beyond Recognition, University of California Press. 1992
"Who owns history ? Who can represent it’s complexity ? Who cares ?"
Renée Green
Text in her video: Partially Burried in three parts 1996-97
"To consider the sign in relation to its referent in the center of his work, specially when the originals are generally poorly displayed means to reject the will for a reconstitution of an original truth. At the opposite it means to focuse on the use value and the manipulation of signs. In other words it is a wish to produce new meanings."
Yann Sérandour
, Footnote in relation with the text
« Photographic practices and appropriationnist strategies” by Cécile Dazord.
In the catalogue Document, by Jérôme Saint-Loubert Bié, 2006
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les artistes que je connais ( 1.000 peut être )
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les gens que je connais ( 10.000 peut être )
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les artistes que je ne connais pas ( 3.000.000 peut être )
- un jour peut-être je réaliserai le portrait PAS FAIT de tous les gens que je ne connais pas ( 3.000.000.000 peut être )
selon moi
le principe d’équivalence s’applique à toute croissance : toute vie,
tout concept,
et en particulier il illustre la création permanente de
l’univers
selon R. Filliou
"The German word, ‘museal’ (‘Museumlike’), has unpleasant overtones. It describes object to which the observer no longer has a vital relationship and which are in the process of dying. They owe their preservation more to historical respect than to the needs of the present. Museums and mausoleum are connected by more than phonetic association. Museums are like the family sepulchres of works of art. They testify to the neutralization of culture"
Théodor Adorno in Valery Proust Musée, 1953
"For too long the artist has been estranged from his own “time”. Critics, by focusing on the “art object”, deprive the artist of any existence in the world of both mind and matter. The mental process of the artist which take place in time is disowned, so that a commodity value can be maintained by a system independent of the artist. Art, in this sense, is considered “timeless” or a product of “no time at all”; this becomes a convenient to exploit the artist out of his rightful claim to his temporal processes. The arguments for the contention that time is unreal is a fiction of language, and not of the material of time or art. Criticism, dependent on rational illusions, appeals to a society that values only commodity type art separated from artist’s mind."
Robert Smithson in "A sedimentation of the mind : Earth Project"
in Artforum. Septembre 1968.
Reproduit in "The Wrightings of Robert Smithson. P82-91
"Almost every work of serious contemporary art recapitulates, on some explicit or implicit level, the historical sequence of objects to which it belongs. Consciousness of precedent has become very nearly the condition and definition of major artistic ambition. For that reason artists have become avid, if unpredictable, consumers of art history. Yet the organized discipline of the history of art remains largely blind to the products of this interest and entirely sheltered from the lessons that might accrue from them."
Thomas Crow dans Unwritten histories of conceptual art
In the catalogue Oehlen / Williams. Wexner Center. 1995. p 86
"Every image of the past that is not recognized by the present as one of its own concerns threatens to disappear irretrievably."
Walter Benjamin
"Theses on the Philosophy of History"
Quoted by Craig Owen in his texte “The Allegorical Impulse. Toward a Theory of Postmodernism.” In Beyons Recognition. University of California Press. 1992.
A mes amis,
Calme et silence. Un geste fondamental, ici, a été fait qui
jette une lumière vive sur la culture et les aspirations
de quelques uns à son contrôle -de part et d’autre- ce qui
veut dire que la culture est une matière obéissante.
Qu’est-ce que la culture ? J’écris. J’ai pris la parole.
Je suis négociateur pour une heure ou deux. Je dis je. Je
reprends mon attitude personnelle. Je crains l’anonymat.
(J’aimerais contrôler le sens de la culture.) Je n’ai pas
de revendications matérielles à formuler bien que je me
saoule avec de la soupe aux choux. Au travers de tout cela,
protéger une forme de liberté d’expression nouvellement
acquise, qui me parait précieuse, pour notre capitale de
province.
Un mot encore à tous ceux qui n’ont pas participé à ces
journées ou qui les ont méprisées : il ne faut pas se sentir
vendu avant d’avoir été acheté, ou à peine.
Mes amis,
avec vous je pleure pour ANDY WARHOL.
MARCEL BROODTHAERS
Palais des Beaux Arts le 7/6/68